VIAC vs Finpension vs Frankly — Comparaison Complète des 3a en fonds
L’essentiel
VIAC vs Finpension vs Frankly : ces trois fintechs révolutionnent le 3ème pilier en proposant des stratégies d’investissement en fonds avec des frais ultra-compétitifs. Contrairement aux solutions bancaires traditionnelles, elles misent sur la gestion numérique pour offrir des performances potentiellement supérieures à long terme.
Pour un jeune actif qui verse le maximum annuel, le choix entre ces trois plateformes peut représenter plusieurs milliers de francs d’écart sur 30 ans d’épargne.
Comment ça fonctionne en Suisse
Le cadre légal suisse
Le 3ème pilier lié (pilier 3a) s’inscrit dans le système des trois piliers suisses aux côtés de l’AVS (1er pilier) et de la LPP (2ème pilier). Régi par l’ordonnance sur la prévoyance professionnelle (OPP 2), il permet de verser annuellement jusqu’à CHF 7’056 pour les salariés avec 2ème pilier ou CHF 35’280 pour les indépendants sans LPP.
Les fonds du pilier 3a sont bloqués jusqu’à l’âge de la retraite (65 ans pour les hommes, 64 ans pour les femmes), avec quelques exceptions : achat d’un logement principal, départ définitif de Suisse, ou début d’activité indépendante.
Spécificités suisses par rapport aux autres pays
Contrairement aux systèmes d’épargne-retraite français ou européens, le pilier 3a suisse offre une déduction fiscale immédiate sur le revenu imposable. Les gains restent exonérés d’impôts pendant la phase d’accumulation, seul un impôt forfaitaire s’applique au moment du retrait.
Cette fiscalité avantageuse explique pourquoi les solutions en fonds gagnent en popularité : sur 30-40 ans, même une différence de rendement de 1-2% annuel génère des écarts considérables grâce aux intérêts composés.
Les acteurs du marché
Le marché traditionnel dominé par les banques cantonales et les grandes banques (UBS, Credit Suisse, PostFinance) proposait principalement des comptes d’épargne avec des rendements de 0.1% à 0.5%.
L’émergence des fintechs comme VIAC, Finpension et Frankly a bouleversé ce paysage en démocratisant l’accès aux investissements en fonds avec des frais de gestion ultra-compétitifs.
Comparaison des options
Tableau comparatif des trois plateformes
| Critère | VIAC | Finpension | Frankly |
|---|---|---|---|
| Frais de gestion annuels | 0.51% – 0.68% | 0.39% – 0.69% | 0.45% – 0.69% |
| Frais d’entrée | CHF 0 | CHF 0 | CHF 0 |
| Montant minimum | CHF 100 | CHF 1’000 | CHF 100 |
| Stratégies disponibles | 5 profils | 10 stratégies | 4 profils |
| Part actions max | 97% | 99% | 95% |
| Rééquilibrage | Automatique | Automatique | Automatique |
| Interface | Application mobile | Web + mobile | Application ZKB |
| Support client | Chat + email | Téléphone + email | Agences ZKB |
Avantages et inconvénients par plateforme
VIAC se distingue par sa simplicité d’utilisation et son approche minimaliste. L’application est particulièrement appréciée des jeunes actifs. Le point faible : des frais légèrement plus élevés que la concurrence pour les profils les plus dynamiques.
Finpension offre la plus grande flexibilité avec 10 stratégies différentes et les frais les plus compétitifs pour certains profils. L’inconvénient : une interface moins intuitive et un montant minimum plus élevé pour débuter.
Frankly bénéficie de l’adossement à la Zürcher Kantonalbank (ZKB), rassurant pour les investisseurs prudents. Le réseau d’agences physiques constitue un atout unique. Néanmoins, les options de personnalisation restent limitées.
Impact fiscal
Déductions fiscales possibles
Le pilier 3a permet de déduire intégralement les versements du revenu imposable, tant au niveau fédéral que cantonal. Pour un contribuable avec un taux marginal de 30%, un versement de CHF 7’056 génère une économie d’impôt immédiate d’environ CHF 2’100.
Cette déduction s’applique indépendamment de la performance des investissements, ce qui rend le pilier 3a attractif même en cas de rendements modestes.
Différences entre cantons romands
L’avantage fiscal varie significativement selon le canton de domicile :
| Canton | Taux marginal moyen | Économie sur CHF 7’056 |
|---|---|---|
| Genève | 35-45% | CHF 2’470 – CHF 3’175 |
| Vaud | 30-40% | CHF 2’117 – CHF 2’822 |
| Valais | 25-35% | CHF 1’764 – CHF 2’470 |
| Neuchâtel | 30-38% | CHF 2’117 – CHF 2’681 |
| Fribourg | 28-36% | CHF 1’976 – CHF 2’540 |
Ces écarts justifient d’autant plus l’optimisation de la performance via les solutions en fonds plutôt que les comptes d’épargne traditionnels.
Optimisation fiscale légale
Pour maximiser l’avantage fiscal, vous pouvez échelonner les retraits en ouvrant plusieurs comptes 3a. Cette stratégie permet de bénéficier plusieurs fois du barème dégressif appliqué lors du retrait.
Les stratégies d’optimisation fiscale incluent aussi la coordination avec les retraits LPP et le choix du moment optimal selon votre situation familiale et professionnelle.
Guide de choix
Par profil d’investisseur
Jeune actif (25-35 ans) : Privilégiez les stratégies avec 80-95% d’actions pour maximiser le potentiel de croissance. Finpension offre les frais les plus avantageux pour ces profils dynamiques, tandis que VIAC séduit par sa simplicité d’utilisation.
Famille établie (35-50 ans) : Une allocation 60-80% actions / 20-40% obligations équilibre rendement et sécurité. Frankly constitue un bon compromis avec l’adossement ZKB qui rassure, particulièrement important quand l’épargne-retraite devient conséquente.
Proche de la retraite (50-65 ans) : Réduisez progressivement l’exposition aux actions (40-60%) pour protéger le capital accumulé. Les trois plateformes proposent des profils adaptés, le choix se fera davantage sur les frais et le service client.
Frontalier : Vérifiez la compatibilité avec votre statut fiscal franco-suisse. Le 3ème pilier pour frontaliers présente des spécificités importantes selon votre option d’assurance maladie.
Les erreurs les plus courantes
Sous-estimer l’impact des frais : Une différence de 0.2% de frais annuels représente plusieurs milliers de francs sur 30 ans d’épargne. Calculez l’impact cumulé avant de choisir.
Choisir un profil inadapté : Un jeune de 25 ans qui opte pour un profil « sécuritaire » avec 20% d’actions passe à côté du potentiel de croissance. À l’inverse, investir 90% en actions à 60 ans expose à des pertes importantes en cas de crise.
Négliger la fiscalité du retrait : L’impôt forfaitaire au retrait peut atteindre 4-7% selon les cantons. Planifiez l’échelonnement des retraits pour optimiser cette taxation.
Checklist avant de souscrire
✅ Vérifiez votre capacité de versement : Ne vous engagez que sur les montants que vous pouvez verser régulièrement
✅ Comparez les frais totaux (TER) incluant les frais de fonds sous-jacents
✅ Testez l’interface : Vous utiliserez la plateforme pendant des décennies
✅ Vérifiez la solidité financière de l’établissement dépositaire
✅ Lisez les conditions de transfert si vous souhaitez changer de prestataire plus tard
Les meilleurs prestataires
Types de prestataires
Les fintechs spécialisées (VIAC, Finpension) misent sur l’innovation technologique et la compression des coûts. Elles conviennent aux investisseurs à l’aise avec le numérique et recherchant les frais les plus bas.
Les solutions bancaires traditionnelles adossées (Frankly/ZKB) combinent innovation fintech et solidité d’une banque établie. Elles séduisent les investisseurs prudents privilégiant la sécurité et le service client.
Les banques traditionnelles pure restent pertinentes pour les gros patrimoine bénéficiant de conseils personnalisés, mais leurs frais élevés les pénalisent pour l’épargne 3a standard.
Critères pour choisir le bon prestataire
La structure des frais reste le critère déterminant sur le long terme. Analysez non seulement les frais de gestion mais aussi les frais des fonds sous-jacents (TER total).
La qualité de l’interface et du service client devient cruciale quand vous gérez votre épargne-retraite pendant des décennies. Testez les applications et évaluez la réactivité du support.
La solidité financière et le cadre réglementaire protègent votre capital. Vérifiez que les fonds sont bien ségrégués chez un dépositaire suisse régulé.
Questions à poser avant de signer
- Quel est le TER total incluant tous les frais ?
- Comment fonctionne le rééquilibrage automatique des portefeuilles ?
- Quels sont les délais et coûts de transfert vers un autre prestataire ?
- Quelle protection réglementaire couvre mes investissements ?
- Puis-je modifier ma stratégie d’investissement en cours de route ?
FAQ
Puis-je changer de stratégie d’investissement en cours de route ?
Oui, les trois plateformes permettent de modifier votre allocation d’actifs. VIAC et Frankly offrent quelques changements gratuits par an, Finpension facture généralement CHF 50 par modification.
Que se passe-t-il si la fintech fait faillite ?
Vos investissements restent protégés car les fonds sont détenus chez un dépositaire indépendant (généralement une banque suisse). Vous conservez la propriété de vos parts de fonds même en cas de défaillance de la plateforme.
Les frais affichés incluent-ils tous les coûts ?
Non, vérifiez le TER (Total Expense Ratio) qui inclut les frais des fonds sous-jacents. Le coût total se situe généralement 0.1-0.2% au-dessus des frais de gestion annoncés.
Puis-je transférer mon 3a d’une banque traditionnelle ?
Absolument, le transfert prend généralement 2-4 semaines. Attention aux éventuels frais de sortie de votre ancien prestataire et vérifiez que le nouveau accepte les transferts en nature ou en espèces.
Comment optimiser fiscalement les retraits ?
Échelonnez les retraits sur plusieurs années en ouvrant plusieurs comptes 3a. Coordonnez avec vos retraits LPP et considérez votre situation familiale (mariage, divorce) qui influence la taxation.
Les performances passées garantissent-elles les résultats futurs ?
Non, les marchés financiers sont volatils et les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Concentrez-vous sur les frais et votre horizon de placement plutôt que sur les performances historiques.
Conclusion
Le choix entre VIAC, Finpension et Frankly dépend avant tout de votre profil et de vos priorités. Les trois solutions surpassent largement les comptes d’épargne 3a traditionnels en termes de potentiel de rendement.
Finpension séduit les investisseurs expérimentés recherchant les frais les plus bas et la plus grande flexibilité. VIAC convient parfaitement aux jeunes actifs privilégiant la simplicité d’usage. Frankly rassure les investisseurs prudents avec l’adossement ZKB.
L’essentiel reste de commencer rapidement : quelques années de versements supplémentaires compensent largement de petites différences de frais ou de performance grâce aux intérêts composés.
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